Il y a 70 ans, la bataille de Stalingrad

De juillet 1942 à février 1943 va se dérouler la plus importante bataille de la Seconde Guerre mondiale, celle qui allait décider du sort de la guerre.

Juin 1941, l’Allemagne envahit l’URSS. L’Armée rouge recule. Les Allemands approchent de Moscou. Mais décembre 41, les troupes soviétiques résistent, Moscou ne tombe pas. Suite au bombardement de Pearl Harbor, l’Amérique entre en guerre. L’Allemagne sait qu’elle doit en finir au plus tôt.

Puisque Moscou résiste Hitler décide de descendre vers le sud et de s’emparer du pétrole du Caucase, essentiel pour poursuivre la guerre, sur sa route, il y a Stalingrad. Stalingrad est une ville emblématique de l’URSS, où sont concentrées les usines sidérurgiques, celles qui fournissent l’armement.

De juillet à août 42 la Sixième armée allemande du général Paulus avance à grand pas jusqu’aux portes de Stalingrad. Début septembre la ville est prise.
Mais le 19 novembre 42, c’est la contre-offensive du général Joukov, qui stoppe les Allemands. * Les forces sont inégales : 100 000 soldats allemands avec canons, chars, avions, s’opposent à 60 000 soviétiques sous équipés. Mais l’armée allemande est loin de chez elle, elle a des problèmes de ravitaillement, et surtout il y a cet hiver terrible auquel elle n’est pas préparée.

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Gueorgui Joukov

En face c’est un peuple qui se bat, perdre Stalingrad c’est perdre la guerre, alors les civils sont aux côtés de l’Armée rouge, un témoin dira que sur les batteries anti-aériennes, on ne voyait que des femmes.

Ne disposant pas de la supériorité militaire les soviétiques vont développer une stratégie de guerre urbaine, maison par maison les batailles vont être menées au corps à corps. Six mois de combat, de bombardements qui feront de Stalingrad un champ de ruines.

La résistance des combattants de Stalingrad permet à l’Armée rouge de se réorganiser, des renforts arrivent ; vers la fin les Allemands sont 400 000, face à plus d’un million de Soviétiques.

Début février 43, épuisés, comptant les blessés et les morts par centaines de milliers l’armée allemande du général Paulus capitule. 91 000 soldats allemands survivants sont faits prisonniers. Du côté soviétique, on compte près de 500 000 morts. Mais la guerre vient de prendre un tournant décisif. Car cette armée allemande réputée invincible ne l’est plus. L’espoir vient de changer de camp.

Denise Foucard se souvient :
« Il y a 70 ans, j’avais 19 ans ! J’appartenais depuis deux années déjà à la Résistance.
La puissance de l’armée nazie était telle que rares étaient ceux qui acceptaient de risquer leur vie pour une issue qu’il était téméraire d’entrevoir positive. Pour nous la peur, le risque étaient quotidiens.
Et voilà que dans cette monstrueuse confrontation mondiale, en écoutant Radio Londres – ce qui n’était pas sans danger –, une nouvelle incroyable nous vient du front de l’Est : en ce mois de février 1943, à Stalingrad dans une ville bien loin d’ici mais qu’on avait située sur la carte, l’armée allemande venait d’être vaincue par l’Armée rouge.
Notre émotion était indescriptible. Ainsi les Allemands n’étaient pas invincibles. Ce fut une joie réelle et un moment d’espoir. À partir de là, c’est une nouvelle confiance qui se manifesta dans la population, la Résistance devenait crédible et nos rangs se renforcèrent. »