Accords de Paix Israël-Palestine, 20 ans déjà

Le 19 septembre 1993 étaient signés à Washington les accords dits d’Oslo qui étaient censés ouvrir la voie du processus de paix entre Israéliens et Palestiniens.

On se prenait à espérer que ce conflit qui durait depuis des décennies allait enfin trouver une solution. Hors vingt ans plus tard, force est de constater qu’il n’en a rien été. L’occupation, la colonisation, l’exil des populations se poursuit et ceci en mépris de toutes les règles internationales.

Contrairement à ce que préconisaient ces accords, le premier ministre israélien continue à s’opposer à toute création d’un État palestinien indépendant, au retour aux frontières de 1967 et au démantèlement des colonies. Si le 29 novembre dernier les Palestiniens ont pu adhérer à l’organisation des Nations-Unis en qualité d’observateur non-membre, cela n’a pas empêché la colonisation de se poursuivre. La ville de Jérusalem reste interdite à bon nombre de Palestiniens et le mur de la honte sert aussi de prétexte à l’annexion d’une partie de la Cisjordanie. On compte encore des milliers de prisonniers politiques dans les prisons israéliennes et le blocus imposé à la bande de Gaza maintient la population palestinienne dans un état de sous-développement intolérable.

Quelques chiffres (source ONU) :

  • 1,6 millions de personnes vivent dans la bande de Gaza, 50 % d’entre elles ont moins de 18 ans
  • 38 % des habitants de Gaza vivent dans la pauvreté
  • 31 % de la population active est au chômage et 47 % des jeunes sont au chômage
  • 54 % des habitants de Gaza vivent dans une situation d’insécurité alimentaire et plus de 75 % dépendent de l’aide internationale
  • Le rendement économique est en baisse de 20 %
  • 35 % des terres agricoles de Gaza, et 85 % des zones de pêche sont totalement ou partiellement inaccessibles en raison des mesures militaires israéliennes.
  • Entre 50 et 80 millions de litres d’eaux usées (ou partiellement traitées) sont reversées dans la mer chaque jour.
  • Plus de 90 % de l’eau provenant de l’aquifère de la bande de Gaza est non potable
  • Depuis début 2010, 59 Palestiniens ont été tués dans les tunnels, dont 5 enfants. 115 ont été blessés.

Le principal passage pour les Palestiniens dans et vers Gaza à Rafah reste limité à 500 personnes par jour.

Le blocus de Gaza est une négation des droits de l’Homme les plus élémentaires, en violation du droit international. Les négociations directes qu’exige Israël, n’ont semble-t-il pour objet que de soumettre le peuple palestinien au bon vouloir de la puissance occupante, sans que la communauté internationale puisse intervenir dans cette négociation.

Les puissances occidentales qu’on a connu très exigeantes, voir prêtes à intervenir militairement dans certaines région pour défendre les droits de l’homme, semblent particulièrement aveugles quand il s’agit de Gaza.
Pourtant à travers les accords commerciaux nous avons la possibilité de demander à Israël de respecter le droit international. Dernièrement la Commission européenne a décidé de refuser les produits venant des colonies illégales, c’est un premier pas mais bien mince et beaucoup reste à faire.