Châteaubriant : compte rendu

6 h du matin ce dimanche 23 octobre 2011. Deux cars stationnent devant la Maison des Syndicats à Créteil. A l’intérieur des camarades de la CGT ont pris place. Ils viennent de tout le département ; direction Châteaubriant en Loire-Atlantique, où il y a 70 ans, 27 de nos camarades, des responsables de fédérations, de syndicats, étaient fusillés par les Allemands.

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Châteaubriant le 23 octobre 2011

Leur crime ? ne pas avoir accepté la défaite, l’occupation, la collaboration, la remise en cause par le gouvernement d’alors, des acquis sociaux, de la démocratie et de l’indépendance nationale.

Rappelons-nous, la France était occupée, ils étaient en prison, un officier Allemand est abattu, Hitler réclame qu’on fusille des otages. C’est le ministre français de l’Intérieur qui met leurs noms sur la liste.

Depuis des années la CGT du Val-de-Marne est là, pour la commémoration de ce crime. Ceux qui sont tombés hier avaient le même espoir que nous dans un monde meilleur, nous nous devons de leur rendre hommage.

Mais cette année cette commémoration prend un caractère particulier, elle se situe à quelques mois d’une échéance électorale capitale, où la droite revendique l’abandon des conquêtes sociales du Conseil national de la résistance et où l’extrême droite tente de renaître.

Dans ce contexte la CGT veut rappeler que les salariés aujourd’hui comme hier, ne se laisseront pas faire.
C’est de tout cela que nous avons parlé dans les cars, pendant le trajet.
Sur place, Rachid, Michel et Cédric avaient prévu le ravitaillement, le temps était splendide et vers 14 h nous nous sommes regroupés pour la manifestation qui se dirigeait vers la clairière où furent fusillés nos camarades.
Nous n’étions pas les seuls, des cars de toute la région, et de nombreuses villes d’Île-de-France sont là également. Arrivés dans la clairière, nous étions 6 000.
Après la sonnerie aux morts, les hommages de la Nation furent rendus aux fusillés. La présidente de l’Amicale de Châteaubriant prit la parole puis ce fut le tour de Bernard Thibaud qui au nom de la CGT devait mettre l’accent sur la remise en cause par la droite de ce que fut l’œuvre de la Résistance et ce pourquoi nos camarades étaient tombés. Pierre Laurent pour le Parti Communiste devait conclure les discours, en insistant sur le progrès humain que seul un peuple uni est en mesure de défendre face aux exploiteurs.

Un spectacle suivra retraçant la participation de la jeunesse aux luttes, de la Résistance à aujourd’hui ; hommage émouvant où chacun se rappelle que Guy Môquet et cinq autres de ses camarades n’avaient pas 30 ans quand ils furent fusillés.

18 h, nous remontons dans les cars. 20 h, une dernière pause pique-nique avant la nuit, puis nous arriverons à Créteil vers 23 h 30.

Ce fut une journée bien remplie, utile dans la lutte à mener et l’année prochaine nous savons déjà que nous répondrons présents et que les 27 de Châteaubriand ne sont pas morts pour rien.