Syndicalisme algérien et syndicalisme CGT pendant la guerre d’indépendance de l’Algérie de 1954 à 1962

Avertissement

Mon sujet se limite aux positions et à l’action de la CGT en France et ainsi d’éclairer les
positionnements de fond de la CGT face aux évènements politiques et pour s’adresser aux
travailleurs.
Ceci ne doit pas faire oublier ce que fut l’âpreté au quotidien de la lutte contre la guerre,
pour l’indépendance et contre le racisme.

Pour évoquer l’action de la Cgt de 1954 à
1962, il faut distinguer deux périodes :
La première concernant la période de
1954 à 1958, où se forge le positionnement fondamental
de la CGT.

La seconde concernant la période de 1958 à
1962, où l’affrontement syndical et politique
touche à une phase nouvelle de l’histoire de
France, avec l’avènement de la Ve République.
Nous devrons également analyser le positionnement
national et internationaliste de la CGT,
dans un pays qui menait une guerre coloniale.

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D.R.

DE 1954 À 1958

Le CCN des 17 et 18 juin
1954
, dans le salut à la 5e
Conférence algérienne des syndicats,
met l’accent sur :
- l’unité syndicale préservée ;
- la lutte nécessaire pour le
pain, la liberté, la paix et l’indépendance
nationale ;
- l’oppression politique et culturelle imposée
au peuple algérien ;
- l’appui aux revendications et aux aspirations
nationales des travailleurs d’Algérie.

Dans Le Peuple du 1er au 15 août 1954, Driss
Oudjina, secrétaire de l’UGSA CGT, porte à la
connaissance des syndicats les débats de la 5e
Conférence algérienne des syndicats.

Deux grands points en ressortent :

1) Les problèmes de la paix dans leur
ensemble, de la cessation de la guerre
d’Indochine et le retour des soldats algériens
dans leur pays.

2) Les revendications : les salaires, les conventions
collectives, l’égalité en matière d’allocations
familiales et de protection sociale, pour
l’agriculture, pour les chômeurs.

Il indique qu’une délégation est
venue à Paris pour sensibiliser
l’opinion et être reçue par le
ministre de l’Intérieur (François
Mitterrand) lequel a refusé.

- 1er novembre 1954 : premier
jour de l’insurrection armée,
Benoît Frachon, secrétaire
général de la CGT, est à Alger.
En fait, il constate sur place l’état réel de la
politique coloniale à Alger, à Oran, à
Orléansville :
- un million et demi de chômeurs ;
- des populations affamées ;
- l’extension des bidonvilles ;
- les discriminations raciales.

Il y est aussi venu en solidarité avec les victimes
du tremblement de terre d’Orléansville
pour apporter les collectes faites en France,
pour développer les jumelages Renault/Douar
de Beni Chared.

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Benoît Frachon (à gauche)
© MARCEL CERF

C’est donc à Alger que Benoît Frachon
déclare au cours d’un meeting, le 1er novembre :

Représentant de la classe ouvrière, je suis un
patriote français qui aime son pays, ses coutumes,
sa culture, ses traditions. Je suis le représentant
de cette classe ouvrière qui porte en elle, après que
la bourgeoisie l’ait abandonné, le sentiment
national profond qui ne tolère pas sans réagir
qu’on touche à ses libertés et à son indépendance ;
et pour tout cela, je sais que chaque patriote de
chaque pays du monde a les mêmes sentiments
que moi à l’égard de sa patrie.

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Kaidi Lakhdar
D.R.

Lors du CCN des 9 et 10 novembre 1954,
Lakhdar Kaidi, secrétaire de l’UGSA, revient
sur les événements :
- 12 000 soldats commandés par deux généraux
qui mènent la guerre dans les Aurès ;
- des milliers de CRS ;
- des centaines d’arrestations dont plusieurs
dirigeants syndicaux et militants de l’UGSA ;
- le MTLD a été dissous ;
- la seule réponse du ministre de l’Intérieur
est « Face aux prétentions des ennemis de la France,
c’est la guerre
. »

Le CCN adopte une résolution sur la situation
en Algérie :

Condamne les mesures de répression et les opérations
militaires engagées par le gouvernement,
mesures absolument opposées à la juste solution
des problèmes algériens ;
Ces événements sont la conséquence du régime
colonial qui sévit dans ce pays, installé depuis
124 ans, et la profonde misère physique et
morale.

Après avoir décrit la profondeur de la misère
sociale et les profits fabuleux des trusts coloniaux,
le refus brutal des aspirations nationales,
la résolution conclut :

Le CCN exprime sa solidarité totale avec les
organisations syndicales, leurs revendications.
- Il appelle à manifester dans les formes les plus
diverses - délégations, pétitions, meetings, etc., sa
fraternité à l’égard des travailleurs algériens.
- Il réclame le retrait immédiat des forces de
répression, la libération des emprisonnés, la suppression
des mesures de dissolution contre les
organisations du MTLD (Mouvement pour le
triomphe des libertés démocratiques) et la liberté
de la presse.
L’unité et la solidarité des travailleurs français
et algériens constituent, pour le peuple algérien,
une des conditions pour imposer la reconnaissance
de ses aspirations sociales et nationales et, pour le
peuple français, la garantie des véritables intérêts
de la France.

André Ruiz, secrétaire de l’UGSA CGT, écrit
dans Le Peuple du 15 décembre 1954  :

C’est contre ce régime colonial que se dresse
l’immense majorité du peuple algérien, organisé
dans les différents partis du mouvement national.
[...] Mouvement national qui lutte pour le respect
de la personnalité algérienne et le droit pour le
peuple algérien de disposer librement de lui-même.

Il poursuit plus loin sur l’importance en
Algérie :

[...] de consolider l’unité des syndicats face aux
campagnes de division entre Algériens, Français
et Européens ;
- de poursuivre la lutte revendicative ;
- les solutions sont dans l’abolition du régime
d’exploitation coloniale, la discussion avec les
véritables représentants des Algériens et non des
colonialistes.

Ainsi tous les éléments d’analyse politique
et pratiques, de base et fondamentaux, sont
réunis qui constituent la boussole de la CGT durant les sept années de la guerre en
Algérie :

- La confrontation de classes, « La lutte
commune contre les exploiteurs communs
 » ;

- La solidarité de classe et internationaliste,
« La libération du joug et de l’exploitation colonialiste

 » ;
- La reconnaissance des véritables aspirations
sociales et nationales du peuple algérien,
c’est le droit des peuples à disposer
d’eux-mêmes.

Ce sont là les objectifs
constants auxquels la CGT va
travailler : toutes les mobilisations
possibles, en fonction des
circonstances politiques
concrètes, avec pour aboutissement
la négociation et la paix.

Ce positionnement est complété
par :

- L’algérianisation du syndicalisme
algérien, entrepris
depuis 1947-1948.

- La défense et l’organisation
des travailleurs nord-africains en France.

En 1955, la CGT multiplie les prises d’initiatives
et les conférences pour la défense des
revendications spécifiques des travailleurs nordafricains
en France :
- Le 1er février  : conférence nationale.
- Conférences professionnelles dans la sidérurgie
lorraine, dans les Métaux de la Région
parisienne.
- Conférences territoriales : Unions départementales
du Cher, de l’Allier, du Gard, de la
Loire.

La CGT intensifie la campagne pour l’égalité
des allocations familiales et des prestations
sociales, avec une première avancée, partielle, au
1er janvier 1955, pour la couverture vieillesse.

L’accent est mis sur la formation syndicale des
militants maghrébins et l’accès aux responsabilités,
notamment dans les unions départementales
 ; pour leur présence au 30e Congrès de la
CGT (mines et sidérurgie lorraine, etc.).

C’est une période d’importantes batailles
d’idées avec La Vie Ouvrière et toute la presse
syndicale.

Le bureau confédéral du 1er avril 1955 lance
un appel au pays pour s’opposer au projet de loi
gouvernemental instituant « l’état d’urgence » en
métropole, en Algérie et en Outremer.

En juillet 1955, des fédérations du Bâtiment
et du Sous-sol envoient des délégations en
Algérie pour témoigner en France.

La CGT appelle au développement des
comités pour la paix, pour gagner l’opinion dans
les diversités politiques, syndicales et religieuses.

Le CCN du 30 novembre insiste
sur les initiatives à prendre dans les
entreprises et les comités, pour
l’unité, en direction des immigrés.

En 1956, les syndicats (Lookheed,
Tunzéini, Somua…), les comités de
paix, des comités de jeunes multiplient
les initiatives : comités de
travail, meetings, pétitions… 2 000
personnes sont à Saint-Ouen à
l’appel de trente organisations ;
Alsthom Tarbes, Chantiers de La
Seyne…

Mais tout est plus difficile ; difficile
de faire entendre la voix de la raison. Le gouvernement
de Guy Mollet, au lieu d’utiliser les pouvoirs
spéciaux pour la paix, les utilise pour
étendre les opérations militaires, engager la
bataille d’Alger et donner une base légale à la
torture.

L’opinion française est traumatisée par les
images des actes de guerre des patriotes algériens
et des attentats frappant les civils. Il y a
aussi l’impact de la répression en France contre
les militants CGT les plus actifs. Mais c’est ce
combat que mèneront les militants de la CGT
au cours des années 1956-1957.

Lors du CCN des 17 et 18 mars 1956,
Germaine Guille développe les éléments d’analyse
suivants :

Alors que la situation s’aggrave d’heure en
heure, que chaque jour nos garçons de 20 ans
tombent comme tombent les patriotes algériens,
que des papas et des mamans, des soeurs, des
épouses et des fiancées, tremblent pour la vie de ce
qu’ils ont de plus cher, que des centaines de milliers
de familles vivent dans l’angoisse, le cessez-le-
feu devient une nécessité urgente et impérieuse.

Il nous appartient, à nous militants de la
CGT d’éclairer les masses sur les vraies raisons
de la guerre en Algérie.

Or, camarades, ces raisons sont encore loin
d’être claires dans toutes les têtes.

Il nous faut dénoncer sans relâche les honteuses
pressions et les ultimatums des ultracolonialistes
sur le gouvernement.

Il nous faut répéter que ni l’envoi massif de
troupes et de matériel de guerre, ne changeront
rien à la situation actuelle, mais qu’au contraire
de telles mesures contribueraient à l’aggraver. Ce
qu’il faut, c’est entamer la discussion avec les
véritables représentants du peuple algérien pour
arriver à la négociation.

La force ne ramènera pas la paix dans ce pays
dont il est absurde de parler comme d’un département
français et avec lequel, la paix rétablie, il
serait possible d’établir entre nos deux peuples
des liens de coopération et d’amitié.

C’est ce combat âpre, longtemps à contre
courant, que les militants de la CGT menèrent
sur le terrain. La CGT poursuit l’accompagnement
du processus d’algérianisation
et d’unification du syndicalisme algérien.

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Affiche de l’OAS.
D.R.

Le 29 février 1956, le bureau confédéral
déclare :

Le bureau confédéral souligne que la plus large
indépendance a été laissée aux organisations syndicales
algériennes quant à leur orientation et à
leurs objectifs.

Face aux campagnes de propagande et aux violences
redoublées des colonialistes, l’unité des travailleurs
d’Algérie est plus nécessaire que jamais.
La CGT, conformément à sa position en faveur
de la reconnaissance du fait national algérien,
approuve pleinement la décision de l’Union générale
des syndicats algériens (UGSA) d’oeuvrer à
la constitution d’une centrale syndicale algérienne
unique.

Elle adresse aux travailleurs d’Algérie d’origine
européenne un pressant appel pour qu’ils
déjouent les manoeuvres des ultra-colonialistes qui
veulent les opposer à leurs compagnons de travail
d’origine musulmane, les plus malheureux et les
plus exploités, et les utiliser pour la défense des
privilèges colonialistes à l’encontre de leurs
propres intérêts.

En 1958, on entre dans la quatrième année de
guerre – 400 000 soldats sont mobilisés.

La CGT mène campagne pour :
- l’abolition du décret Lacoste du 2 mars 1956
faisant obligation d’avoir un laissez-passer pour
aller en Algérie ;
- l’interpellation du patronat et du gouvernement
sur les problèmes de l’immigration ;
- faire connaître aux travailleurs le coût de la
guerre.

L’Assemblée du 30 mars « Pour la paix en
Algérie
 » « dénonce la torture et soutient la nécessité
d’une négociation d’ensemble tenant compte des aspirations
à l’indépendance du peuple algérien et de la nécessité
de rechercher les formes d’une coopération politique,
économique et culturelle entre les deux pays.
 »

Du 13 mai 1958 au 1er juin 1958, c’est le coup
de force des généraux menés par Massu et
l’instauration du pouvoir personnel avec de
Gaulle.

Ce sont là trois semaines d’un combat crucial
et acharné pour la défense de la République.

L’éditorial du Peuple titre « La CGT se place à la
tête de la classe ouvrière, contre le danger fasciste, pour
la défense des libertés et de la République.
 »

Cependant, des démarches auprès de la
CFTC, de la CGC et FO pour l’unité d’action
restent sans réponse.

- Le 19 mai, des centaines de milliers de
Parisiens sont dans la rue.
- 27 et 28 mai, ils sont des millions.
- Douze unions départementales FO, quatorze
unions départementales CFTC, trente-huit syndicats
départementaux FEN.
- Expression de la solidarité internationale
venant d’Italie, de Grande-Bretagne, du Japon,
de la Confédération syndicale arabe…
- Refus de rencontrer de Gaulle le 3 juin.

Au CCN des 10 et 11 juin 1958, dans son
rapport, Benoît Frachon développe longuement
le rôle et la place de la classe ouvrière dans la
lutte pour la démocratie et la République, pour
la défense des libertés syndicales et les revendications
pour la paix.

Ce que la CGT pressent, c’est qu’avec l’accession
de De Gaulle au pouvoir, ce n’est pas seulement
le dossier de l’Algérie qui est posé, mais
le devenir du pays, de la République et des
enjeux démocratiques.

En fait, c’est une nouvelle phase de l’Histoire
de France qui est en gestation à chaud !

Le CCN positionne la CGT pour le Non au
référendum plébiscite de Gaulle et contre la
politique de Pinay et du CNPF.

Des manifestations sont organisées à Paris,
Marseille et Lyon.

28 septembre 1958, 62 % des électeurs se
prononcent pour la Constitution, vote confirmé
aux élections législatives des 23 et 30 novembre.

DE 1958 À 1962

Le CCN des 9 et 10 décembre 1958 fixe les
objectifs stratégiques de la CGT à partir des
considérants du CCN précédent auxquels
s’ajoute la nécessité de faire face aux attentats
contre les sièges syndicaux et politiques, contre
les militants ; les provocations (dans l’automobile
- Simca) de s’opposer à l’État capitaliste et
les mesures prises par ordonnances.

Le 32e Congrès indique :

La CGT poursuivra, en l’intensifiant, son
action pour la paix en Algérie, en référence aux principes des Nations unies affirmant le droit des
peuples à disposer d’eux-mêmes.

Le 19 septembre 1959, de Gaulle fait état du
droit à l’autodétermination.

Le CCN des 3 et 4 décembre 1959 exige :

Que des négociations s’engagent avec le GPRA
(gouvernement provisoire de la République algérienne)
sur les conditions du cessez-le-feu et
l’exercice du droit à l’autodétermination du
peuple algérien.

Le 19 décembre 1959, journée d’action à
l’appel du Mouvement de
la Paix.

En 1960, le contingent
compte 500 000 soldats.

En riposte à l’action des
ultras d’Alger, le bureau
confédéral du 27 janvier

lance un appel pour s’unir
et agir contre les factieux.

1er février, front syndical
commun : appel CGT,
FEN, UNEF, (refus de la
CFTC) pour une heure
d’arrêt de travail : 13 millions
de salariés pour l’autodétermination.

Dans Le Peuple du 1er mars 1960, Germaine
Guille clarifie les enjeux pour l’autodétermination
 :
- organiser une solidarité de classe dans les
entreprises ;
- installer des comités de paix à l’exemple de
la Ratp, de la Banque de France, chez Chausson
à Asnières, des mineurs de Hénin Liétard… ;
- défendre les travailleurs immigrés en France ;
solidarité du Secours Populaire Français et de
l’Avenir Social ;
- donner une permanence au Front syndical
commun.

La CGT participe au Comité Pleyel « Centre
de coordination pour la paix en Algérie » et
appel à une grande journée d’action unitaire
pour le 28 juin, avec relance d’appels intersyndicaux.

Le CCN des 23 et 24 juin conclut qu’il faut
repenser toute la question africaine vers les
indépendances.

Le 30 juin  :
- Rupture des conversations de Melun avec le
GPRA ;
- Appel CGT, CFTC, FO, UNEF.

L’Algérie est à l’ordre du jour de la session de
L’ONU.

Peu à peu des modifications s’opèrent dans la
population :
- la croyance dans l’homme providentiel qui
allait régler le problème algérien s’estompe (il y
a l’échec des discussions de Melun ; les propositions
du GPRA à l’ONU ).
- la lassitude face au prolongement
de la guerre : « Il faut
que ça s’arrête.
 »

Des journées d’action se
succèdent du 16 au 20
octobre
. Le 27 octobre  :
journée unitaire CGT, FEN,
UNEF.

En octobre 1960 on
compte 800 000 soldats en
Algérie.

Le CCN des 13 et 14
décembre 1960
se prononce
pour le Non au référendum
du 8 janvier 1961. C’est un
Non à l’ensemble de la politique gaulliste.

Lors du référendum du 8 janvier 1961, le
Oui l’emporte mais perte de 2 500 000 voix
par rapport à celui de 1958.

La CGT insiste pour une action de masse afin
d’aboutir à l’ouverture de négociations avec le
Gpra sur le cessez-le-feu et les garanties de l’autodétermination.
Elle pousse à l’unité, à un
front syndical commun.

Événement le 21 février 1961 à Genève.

Déclaration commune CGT, UGTA,
UGEMA (étudiants musulmans algériens).
Les organisations signataires proclament la
nécessité impérieuse :
- négociation entre le gouvernement français et
le GPRA sur la condition de l’application de
l’autodétermination et du cessez-le-feu
- Refus d’un statut provisoire d’une … du territoire
algérien
- Liberté et indépendance.

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Troupes françaises en Algérie ; le putsch d’Alger en 1961.
D.R.


Le 22 avril 1961 a lieu le Putsch des généraux.

La CGT appelle les travailleurs à se lever en
masse pour briser la tentative factieuse.

23 avril, appel CGT, CFTC, FEN, UNEF
pour un arrêt national de travail d’une heure le
lundi 24 avril à 17 heures.

22 au 26 avril, initiatives importantes et multiples,
mobilisation dans les entreprises.

26 avril, la tentative militaire fasciste est
écrasée.

Le 20 mai 1961,
ouverture des négociations
d’Évian.

Le 10 mai, le bureau
confédéral de la CGT
déclarait « La seule solution...
est dans la négociation
légale avec le GPRA. »

11 juillet, nouvelle
déclaration CGT-UGTA.

17 octobre, répression
sauvage par les forces de
police de la manifestation
de dizaines de milliers
d’Algériens.

23 octobre, la CGT
appelle à manifester pour le 1er novembre.

19 décembre, des millions de travailleurs ont
cessé le travail. Manifestations à Paris, Toulouse,
Nîmes, Marseille, Nevers, Poitiers…

Le CCN appelle à la solidarité avec les populations
algériennes déplacées. Édition d’un timbre
spécial placé sur la carte.
- 400 000 Algériens chassés de leur foyer.
- 1 000 000 de réfugiés dans les villes.
- 50 000 enfants sans école…

1962  : la direction de la CGT renouvelle
ses appels à la mobilisation.

8 février, 60 000 manifestants.
À Charonne, huit membres de la CGT sont
tués par la répression policière.

9 février, débrayages massifs.

13 février, des obsèques grandioses, des millions
d’hommes et de femmes dans tout le pays,
la jeunesse.

7 mars, reprise des négociations d’Evian.

17 mars, signature du cessez-le-feu et des
accords conclus à Évian.

La CGT demande à répondre Oui aux
accords d’Évian :
- S’ouvre la voie de la paix et l’établissement
d’accords de coopération entre l’Algérie indépendante
et la France, entre les peuples.
- Une victoire aussi de la classe ouvrière de
France et de la Cgt dans des conditions
parfois très difficiles.
- Il faut liquider l’OAS et épurer
l’appareil d’Etat des éléments fascistes.

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Yacine Zaïd, syndicaliste en Algérie, aux prises avec les forces du désordre.
D.R.

Le 17 mars, A. Ali Yahia au
nom de UGTA envoie un
message de salut et de fraternité
à la CGT.

Dans Le Peuple du 15 avril
1962
, Germaine Guille écrit
« Le cessez-le-feu est signé – la
paix n’est pas acquise – La solidarité,
un devoir ».

Le 8 avril, référendum sur
les accords d’Évian : Oui à
la paix à 90 %.

En mai et juin  :
- Poursuite des mobilisations contre l’Oas.
- Solidarité financière et en nature pour les
populations déplacées en Algérie.
- Fraternité avec les travailleurs algériens.
- L’accueil des rapatriés en France.

Le 11 juillet 1962, Benoît Frachon écrit à
l’UGTA : « L’Algérie indépendante est une grande victoire
pour l’indépendance des peuples.
 »

Alphonse Véronèse